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Espaces ruraux, Résistances communautaires, sociétés de frontière
Responsable: Jean-Pierre Chaumeil
Cet axe regroupe un ensemble de recherches dont l’objectif est d’analyser les transformations en cours dans les sociétés amérindiennes et paysannes à partir d’une approche à la fois synchronique et diachronique (mobilisant l’histoire, la géographie, l’ethnologie, la sociologie, les sciences politiques et l’économie). Il s’agit en particulier d’étudier les nouveaux rapports que ces sociétés maintiennent avec différents secteurs de la société nationale, et les changements qu’ils suscitent.

L’Amérique andine, on le sait, connaît depuis plus d’un demi siècle une recrudescence de mouvements de redéfinition ou de renégociation des appartenances et des modes d’affiliation. L’étude de ces nouvelles configurations, qu’elles soient de type social, politique, économique, territorial, ethnique ou religieux, s’impose certainement dans la sphère des recherches actuelles sur les Amériques.

Plusieurs interrogations récurrentes se dégagent lorsqu’on aborde ces évolutions. Elles portent sur :


  1. La recomposition des espaces ruraux et plus largement sur la question des identités et du territoire (transformation de la société et de l’économie rurales, nouvelles politiques de développement rural, dynamique de la valeur agraire de la terre, histoire des mutations contemporaines du monde rural andin, effets de la dolarisation de l’économie sur l’agriculture rurale, etc.) ;


  2. La question de la violence politique et de la résistance civile face au conflit armé (processus de mémorisation en cours, reconstruction de l’espace socio-politique post-violence, etc.) mais aussi plus largement sur la diffusion de nouvelles conceptions et formes d’action politique au sein des communautés indigènes et paysannes


  3. la problématique des limites ou des frontières, qu’elles soient géopolitiques, ethniques, culturelles ou conceptuelles.



Etudier par exemple comment des frontières nationales censées diviser des groupes ou des sociétés peuvent-elles au contraire devenir des lieux de contacts, de rassemblements, des espaces de recréation d’identités collectives, de fixation plus symbolique que physique de centres territoriaux.

Repenser par ailleurs, en des termes différents, les relations entre les hautes et les basses terres, entre les Andes et l’Amazonie à partir de la spécificité de l’aire piémontaise par exemple, perçue non plus comme zone de rupture mais comme espace intermédiaire entre deux grands domaines que la tradition américaniste a toujours maintenus séparés.

Enfin reformuler les frontières, davantage conceptuelles, entre les genres de discours traditionnels et modernes (discours rituels, chamaniques et autres) ou encore entre les cosmologies andines et amazoniennes (transposition cosmologique andine vers l’Amazonie ou vice-versa, de l’Amazonie vers les Andes).

Ces différentes évolutions introduisent dans les communautés indigènes et paysannes de nouveaux comportements, de nouvelles façons de faire, d’agir et de conceptualiser les relations à autrui, d’interagir avec les autres sociétés et l’Etat. En même temps, des formes s’inspirant des traditions amérindiennes - le néo-chamanisme par exemple - se diffusent à l’échelle internationale. Autant d’évolutions qu’il importe d’étudier au plus près si l’on veut se donner les moyens de comprendre tant soit peu la nature et la dynamique des mutations en cours dans cette région du monde.
 
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